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Evolution

Qui de la belle fleur ou de la rustre graine ?

Eclaira l'esprit d'un certain Darwin

Et comme un puissant coup que l'on assène 

Fit sortir le raisin de la vigne ?

 

Qui, de la méduse ou de l'hermine

Posséda en premier l'opsine

Découvrit les couleurs de l'arc en ciel

Et donna à la Terre son étincelle ?

 

Qui, de l'amibe ou des derniers hommes

Brûle la forêt, massacre l'oeuf encore chaud

Chasse l'hermine et inventa Dachau

 

Consume la planète, leur mère

Celle qui les a vu naître tendre

Et les verra disparaitre dans la cendre.

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La pierrette

Le jour on la trouve drôle, adroite

La nuit elle frotte ses pieds blessés de ses mains moites.

Le jour on l'entend chanter, on danse

La nuit vers la lune elle pleure en silence.

 

Un masque noir, un chapeau bizzarre

Au cirque on la voit jongler les soirs

Sur la scène en équilibre sur un ballon

Dans la vie chancelante sous le baton.

 

Elle a des ballerines à carreaux, des collants bleus

Dans ses rêves une robe, une couronne

Et des jolis souliers mousseux

Dans ses rêves c'est à elle qu'on donne.

 

Non celle à qui l'on prend tout

Celle qui craint l'effrayant loup

Qui brandit le baton, donne les coups

Brise la jeunesse pour trois sous

 

Du rose sur les paupières, des ailes dans la tête

Elle est acrobate et magicienne

Elle est belle, adroite, experte

Mais rêve parfois d'un pull en laine

 

On l'appelle "idiote" la journée dans l'arène

Mais la nuit dans ses rêves on l'appelle ma reine

De jour dans l'estrade on la trouve grandiose

La nuit dans ses rêves poussent les roses

 

Un masque noir, des souliers bizzarres

Des bijoux en or, un diadème d'ivoir

Des coups, juste un peu d'affection

 

On retrouva un soir de pleine lune

Dans une ruelle une paire de collants

Et sur les chemins des forêts, en écoutant, 

 

On put entendre un chant.

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Vert émeraude

Au fond d'un vaste lac turquoise

Entre deux rocs et la tanière d'un vieux mérou

Git, sur un fonc couleur ardoise

Une pierre d'un vert oeil de loup.

 

Le fond des eaux éclairé par un soleil d'émeraude

Devent paisible, le sable dessinant 

Des silhouettes en dansant.

 

Les algues, au plus profond

Ondulent paisiblement au gré du courant,

Maternant les alevins en les protégeant

 

Ah ! Il tarde à ces frais nouveaux nés

De partir explorer, vagabonder

Et découvrir sans plus tarder

 

Les eaux pûres, paisibles

D'un lac turquoise, vert au fond

Sous l'égide d'un gardien e son abnégation.

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Rouge rubis

C'est une petite forêt tranquille

Epargnée par l'hiver, baignant dans l'été

Le soleil inonde une clairière, petite île

Ou s'achève sombrement une épopée

 

A l'endroit ou se croisent les chemins

Les regards haineux se croisent

Et pour un joyau rouge, l'un y perdit sa main

Ainsi que la source de son extase.

 

C'est une petite clairière silencieuse

Où l'on pu ce jour la apercevoir,

Scintillant sur des cailloux d'ivoir

 

Des milliers de petits rubis

Tombés de celui, qui, tantôt

Perdit l'un de ceux-ci, ainsi que sa vie.

Bleu saphir

Loin sous l'herbe, coup de pioche

Des jeunes hommes soufflent. Combien souffrent encore demain ?

Puis, dans un sursaut, l'un d'eux de sa main 

Dévoile une étoile bleue dans la roche

 

La Terre fut amputée, l'étincelle se meurt

Pas plus grosse qu'un sou, couleur d'océan

Le mineur, dans sa prison de souffre ardent

Ne verra plus qu'en rêve sa couleur

 

Sur le doigt de fer d'un monstre d'acier

La goutte étoilée ne luit plus 

Même pas de quoi éclaire

 

Les sinistres sourires des mangeur de Terre

Qui, en tout point semblables aux vers

Moisissent la pomme et Pourrissent l'espoir.

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Zede

Il naquit un beau soir de novembre

Et l'on cru voir le rejeton de lucifer

Il n'eut dans sa vie de sa mère

Qu'un petitarbre taillé dans la cendre.

 

On lui interdit l'accès à l'église.

Au marché, on hurlait:"file, sale bête !"

Au cirque, on hurlait: "quelle tête !"

Il n'avait de plaisir que de sentir la brise

 

Il fascinait les biches prudentes

Charmait les papillons craintifs

Et cueuillait parfois les fleurs des ifs

On lui arrachait avant qu'il ne les sente.

 

La nuit il comptait les étoiles

Le jour fuyait la foule comme la gale

 

Un matin on retrouva dans une ruelle

Une petite silhouette toute frêle

 

En silence, recroquevillée dans le noir

Comme il fut abandonné un beau soir.

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Phoenix

Sous l'ombrage d'un sage sureau

Coule une intrépide rivière

Ecoutant la mélodie d'un oiseau

Gardant captif le feu en sa serre

 

Envoutant de son chant toute la contrée

Séduisant les colombes avec ses plumes de soleil

Tant et si bien qu'à la fin de la journée

L'éclat de la flamme brilla comme le soleil

 

Son plumage vivement s'incendia

Et le feu sacré, s'étant vengé de son geôlier

s'éteignit doucement sur un monticule cendré

 

Ayant pitié, le sureau tendrement

sculpta des cendres un oeuf 

et donne à l'oiseau une seconde vie.

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D'en haut

Un petit garçon regarde la Terre

De son nuage paisible d'argent.

Il aperçoit, tout en bas, la mer

immense et douce comme sa maman

 

Il regarde les arbres, les forêts

Les montagnes ensoleillées, les bergers

les villages, les enfants, les vergers

et voit doucement passer les années

 

Parfois il entend pleurer une fillette

Et tend l'oreille, d'un air alerte

L'enfant n'aime pas entendre la tristesse

 

Il préfère regarder les amoureux sur la plaga, 

observer les poissons sur le rivage

et regarder les petits chats qui naissent

 

Mais il est tard sur le nuage

Alors doucement l'enfant s'en va

Et retourne au pays d'où l'on ne revient pas.

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Serious

 

Il est un homme se moquant de la raison

 

Qui se rit de la morale et du cœur

 

Fait de l’absurdité sa sœur

 

Et du mauvais sort un clairon

 

 

 

Pas de nez rouge joyeux sur son visage

 

Un peu de noir sur les paupières

 

Une chevelure bleue comme le rivage

 

Et une odeur sucrée dans l’air

 

 

 

Il voit sur les cartes danser en dormant

 

Ses amis le trèfle joyeux, le carreau soupirant

 

Et le pique mélancolique, rêveur

 

Eux le comprennent. Ils sont danseurs.

 

 

 

Il est un homme souriant, charmant

 

Il est original, vêtu étrangement

 

Quelque peu excentrique, mystique

 

 

 

Et il me semble entrevoir le soir,

 

Entre les paupières teintées de noir

 

Une danse bleue mélancolique.

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